Pabexpo, le centre d’expositions situé dans les quartiers les plus riches de la ville, présente actuellement des produits informatiques en provenance de l’intérieur et de l’extérieur du pays. S’y retrouvent des participants de toutes parts, y compris un groupe important d’étrangers que j’imagine plus intéressés à faire un voyage dans notre technologie paléolithique qu’à faire des affaires avec les entreprises locales. Le groupe Kapersky par exemple expose une version de son antivirus réalisé en commun avec l’entreprise nationale Segurmatica. Tout est fait pour ressembler à une exposition du même type dans n’importe quel pays du monde, à un détail près : nous somme sur l’île des déconnectés.

Nous sommes un peuple qui n’a pas encore eu l’opportunité de payer ses factures sur le cyberspace et qui vit de logiciels piratés, face à l’impossibilité de les acquérir avec la licence.
Nous vivons dans un décor plus caractéristique de la première moitié du vingtième siècle que du vingt et unième. C’est pourquoi cette foire ressemble à une lueur du futur, à une vitrine pour montrer aux autres ce que nous n’avons même pas goûté. Après, les visiteurs rentreront chez eux en louant le niveau des technologies cubaines et en se rappelant le savoureux mojito qu’on leur a servi lors de la cérémonie de clôture. Pendant que nous, nous continuerons dans la pénombre de la déconnexion, à allumer des ordinateurs autistes qui ne permettent pas de nous connecter aux autres. Mais nous rêvons, c’est certain, qu’un jour, après avoir rempli un formulaire sur internet apparaisse la phrase de confirmation: « merci pour votre achat, votre billet pour Gantanamo est réservé. Bon voyage ! »
Traduit par Jean-Claude MAROUBY
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